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Le village de Bois-Seigneur-Isaac doit son nom à Isaac de Valenciennes, membre d’une illustre famille du Hainaut, qui à la fin du 11ème siècle planta un bois à proximité de la localité. Ce bois, dénommé " Bois planté " , existe toujours à 500 mètres du château, le long de la route de Lillois.


Le château, qui remonte probablement au 12ème siècle, faisait partie d’une série de forteresses destinées à protéger les confins du Comté de Hainaut contre les visées expansionnistes des Ducs de Brabant. Avec Hal et Braine-le-Château, Bois-Seigneur-Isaac se trouvait, en effet, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, au bout d’une sorte d’appendice du Hainaut s’avançant entre les territoires brabançons de Braine-l’Alleud et Ophain, d’une part, et de Nivelles, d’autre part.


La seigneurie et le château de Bois-Seigneur-Isaac appartinrent successivement aux familles de Huldenberg, de Dave et de Sainte-Aldegonde. Le document iconographique le plus ancien dont nous disposions sur le château est une miniature réalisée à la fin du 16ème siècle par le peintre Adrien de Montigny, dans le cadre des célèbres Albums de Croÿ, comprenant notamment des miniatures de tous les villages du Hainaut. Une gravure plus précise, remontant à environ 1650 et due à Le Roy, montre le château féodal encore entouré d’eau, avec ses tours défensives et son pont-levis. A gauche de cette gravure, on aperçoit l’église, l’abbaye et la ferme de l’abbaye, telles qu’elles ont été reconstruites après les guerres de religion.


A la fin du 17ème siècle, un grave conflit successoral opposa les héritiers de la dernière Comtesse de Sainte-Aldegonde, née Agnes de Dave. Ce conflit, aiguisé par les différences de jurisprudence entre le Hainaut et le Brabant, sur lesquels se répartissaient les biens successoraux, aboutit à la ruine des parties et à la mise en vente , en 1712, de la seigneurie et du château, qui furent rachetés par Messire Antoine de Belhomme, Receveur Général des Aides et Subsides du Comté de Hainaut. Celui-ci et son épouse, née Marie-Thérèse Rouillon de Castaigne, transformèrent, avec l’aide de l’architecte Hannotaux, la forteresse médiévale en un château de plaisance. Ce dernier fut édifié sur les fondations de trois côtés du polygone primitif. A l’emplacement de l’ancien pont-levis, un avant-corps fut construit, entre 1730 et 1740, avec une façade particulièrement harmonieuse de style classique français, agrémentée de larges baies vitrées en plein cintre et surmontée d’un fronton triangulaire. Asséchée du côté Ouest, les douves furent comblées du côté Est tandis qu’une tour ronde isolée au Sud restait, avec ses meurtrières, le seul témoin de la forteresse féodale.


En 1810, Joséphine Cornet de Grez, arrière-petite-fille d’Antoine et de Marie-Thérèse de Belhomme et héritière du château et du domaine de Bois-Seigneur-Isaac, épousa le Baron Idesbalde-François Snoy et d’Oppuers. A la suite de ce mariage, la branche aînée de la famille Snoy, issue des Comtes de Gueldre et établie depuis 1563 dans la région de Malines, transporta à Bois-Seigneur-Isaac ses archives et un remarquable ensemble de portraits de famille.


Depuis 1810, cinq générations de Snoy ont habité le château de Bois-Seigneur-Isaac. Le Baron puis Comte (1982) Jean-Charles Snoy et d’Oppuers (1907-1991) s’est particulièrement illustré comme Secrétaire Général du Ministère des Affaires Economiques, négociateur et signataire du Traité de Rome (1957) et Ministre des Finances de 1968 à 1972. Les châtelains actuels sont, son fils, le Baron Bernard Snoy et l’épouse de celui-ci, née Christine de Weck.

  

Château de Bois-Seigneur-Isaacsaac

Historique