Patrimoine exceptionnel de Wallonie

Le château

Ancienne forteresse féodale, le château de Bois-Seigneur-Isaac fut transformé en château de plaisance entre 1730 et 1740.

Historique

Neuf siècles d'histoire, de la forteresse féodale à la maison de famille.

  1. Fin du XIe siècle

    Isaac de Valenciennes

    Membre d'une illustre famille du Hainaut, Isaac de Valenciennes plante un bois près du village, qui lui doit son nom. Ce « Bois planté » existe toujours, à 500 mètres du château, le long de la route de Lillois.

  2. XIIe siècle

    Une forteresse aux confins du Hainaut

    Le château fait partie d'une ligne de forteresses qui protègent le comté de Hainaut contre les visées des ducs de Brabant. La tour ronde isolée au sud, avec ses meurtrières, en est aujourd'hui le dernier témoin.

  3. Du Moyen Âge au XVIIe siècle

    Huldenberg, de Dave, Sainte-Aldegonde

    La seigneurie passe successivement à ces trois familles. À la fin du XVIIe siècle, un grave conflit successoral entre les héritiers de la dernière comtesse de Sainte-Aldegonde, née Agnès de Dave, ruine les parties.

  4. 1712

    Antoine de Belhomme

    Mis en vente, la seigneurie et le château sont rachetés par messire Antoine de Belhomme, receveur général des Aides et Subsides du comté de Hainaut.

  5. 1730 – 1740

    Un château de plaisance

    Avec son épouse, Marie-Thérèse Rouillon de Castaigne, et l'architecte Hannotaux, il transforme la forteresse en château de plaisance. À la place du pont-levis s'élève un avant-corps de style classique français, aux larges baies en plein cintre, surmonté d'un fronton triangulaire.

  6. 1810

    L'arrivée des Snoy

    Joséphine Cornet de Grez, arrière-petite-fille des Belhomme, épouse le baron Idesbald Snoy et d'Oppuers. La branche aînée de la famille Snoy apporte à Bois-Seigneur-Isaac ses archives et une remarquable galerie de portraits de famille.

  7. 1957

    Le traité de Rome

    Le comte Jean-Charles Snoy et d'Oppuers (1907-1991), secrétaire général du ministère des Affaires économiques, négocie et signe le traité de Rome. Il sera ministre des Finances de 1968 à 1972.

  8. 1993

    Patrimoine exceptionnel de Wallonie

    Le château est inscrit sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie.

  9. Aujourd'hui

    Une maison ouverte

    Le baron Bernard Snoy et son épouse, née Christine de Weck, ont créé l'ASBL « Les Amis du Château de Bois-Seigneur-Isaac » pour préserver le domaine et l'ouvrir aux visites, aux réceptions et aux réunions.

Enluminure du château médiéval
Gravure ancienne du château
Portrait de la famille Snoy

L'intérieur

L'entrée principale conduit à un vestibule d'où s'envole un magnifique escalier à double volute. Ce hall donne accès au salon carré, qui tient son nom des motifs de son parquet et des moulures à caissons de son plafond. Ce salon est placé au centre d'une enfilade de trois grandes pièces, avec à sa gauche le grand salon de style Empire et à sa droite la salle à manger, parée d'une étonnante galerie de portraits.

Vous admirerez aussi le petit salon Marcello, du nom de cette femme sculpteur suisse, veuve d'un duc Castiglione Colonna, ainsi que la bibliothèque et la salle d'armes. Dans cet illustre intérieur, vous croiserez de nombreux souvenirs de la famille Snoy, notamment ceux du comte Jean-Charles Snoy et d'Oppuers, ministre des Finances de 1968 à 1972 et signataire du Traité de Rome en 1957.

L'escalier d'honneur et sa statue
L'enfilade depuis le salon carré
La bibliothèque et son buste
L'escalier à double volute
Bustes et souvenirs de famille
Une enfilade de portes et un buste

Le parc

Derrière le château s'étend un parc paysager d'une dizaine d'hectares, ceint depuis 1815 d'un mur de briques. Il a été restructuré entre 1810 et 1830 par Idesbald Snoy, puis remodelé vers 1907 par l'architecte-paysagiste français Achille Duchêne, à la demande de la famille. L'allée de hêtres date de 1930.

Achille Duchêne et le « style composite »

Achille Duchêne (1866-1947) fut, avec son père Henri, le grand restaurateur des jardins à la française : Vaux-le-Vicomte, Champs-sur-Marne, Courances, Blenheim en Angleterre. Son style, inspiré de Le Nôtre mais attentif au paysage, marie le dessin géométrique près des façades à la liberté du parc paysager : c'est ce que l'on appelait alors le « style composite ». Il accorde une place essentielle aux axes et aux perspectives, qui partent du château et se prolongent bien au-delà du jardin dans la campagne environnante. L'équipe Duchêne a réalisé quelque six cents projets dans le monde, dont une quarantaine en Belgique ; Bois-Seigneur-Isaac compte parmi les sites wallons les mieux conservés.

La perspective orientale

À Bois-Seigneur-Isaac, Duchêne n'est pas parti de rien : il a travaillé dans le parc paysager existant. Il y a ouvert, depuis la façade arrière du château, un grand axe vers le sud-est : une lisière boisée a été abattue, le mur d'enceinte abaissé, et un parterre de gazon géométrique, avec son bassin, a été dessiné au pied des façades. Cet axe ne prolonge pas exactement la drève d'entrée : il est légèrement corrigé pour se fixer sur la maison du garde, au Bois Planté, déjà construite au bout du parc sur le plan Popp de 1860. Cette correction de perspective, que l'on retrouve dans d'autres réalisations de Duchêne, visait l'harmonie entre le parterre et les façades. Deux axes diagonaux secondaires, vers le sud et vers l'est, passent eux aussi par-dessus le mur abaissé et débouchent sur des bouquets d'arbres plantés à l'extérieur du parc. Une carte du parc de 1875, conservée au château, montre l'état antérieur à cette intervention.

Ces perspectives sont entretenues depuis plus d'un siècle : la vue vers la maison du garde, à l'est, et la vue vers l'église de Braine-l'Alleud, au nord, sont toujours dégagées. L'Inventaire des parcs et jardins de Belgique les décrit comme des composantes du site. Le paysage ainsi composé déborde largement les murs du parc : c'est toute la campagne environnante qui en est le décor.

Arbres remarquables

Le parc abrite une cinquantaine d'arbres repris à l'inventaire des arbres remarquables de Wallonie : marronniers, tilleuls, chênes, ifs, hêtres, érables, cèdres, tulipier, séquoia, charmilles…

Un site protégé

Le site formé par le château, le parc, l'abbaye, la chapelle du Saint-Sang et la ferme est classé depuis le 2 février 1944 ; d'autres arrêtés de classement ont suivi en 1969, 1991 et 1999. L'ensemble est inscrit sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Le jardin à la française et la tour
La charmille en berceau
Les roses du parc au pied de la tour
Le pont des douves dans la brume
Vue aérienne du château et d'une réception au jardin
La perspective du parc
Le jardin à la française, au matin
Un coin du parc en automne

La drève

Une magnifique allée bordée de hêtres s'étend face à l'entrée du parc. C'est un lieu de promenade particulièrement agréable, qui offre une très belle perspective sur la façade du château.

La drève peut servir de cadre à divers événements en plein air. Elle sert aussi de parking lors des événements organisés au château.

La drève de hêtres menant au château
La drève de hêtres, qui sert de parking